Les bienfaits de la nature sur la santé mentale : que disent les neurosciences ?
Passer du temps dans un parc ou marcher en forêt procure souvent une sensation d'apaisement. Les recherches suggèrent qu'une exposition régulière aux environnements naturels peut contribuer à réduire le stress, améliorer l'attention et favoriser le bien-être psychologique.
Santé mentale
Bien-être
5 minutes
06 juillet 2026

Passer du temps dans un parc, marcher en forêt ou simplement observer un espace vert procure souvent une sensation d'apaisement. Mais ce ressenti est-il uniquement subjectif ? Depuis plusieurs années, les neurosciences s'intéressent aux effets de la nature sur le cerveau. Les recherches suggèrent qu'une exposition régulière aux environnements naturels peut contribuer à réduire le stress, améliorer l'attention et favoriser le bien-être psychologique.
La nature diminue la réponse au stress
Lorsque nous sommes confrontés à une situation perçue comme stressante, notre cerveau active le système nerveux sympathique, responsable de la réponse au stress. L'organisme se prépare alors à réagir rapidement : le rythme cardiaque s'accélère, la pression artérielle augmente et les glandes surrénales libèrent notamment du cortisol, une hormone qui mobilise les ressources énergétiques nécessaires pour faire face à la situation.
Les études montrent que le simple fait de passer du temps dans un environnement naturel favorise l'activation du système nerveux parasympathique, chargé de ramener l'organisme à un état de calme. Plusieurs recherches ont également observé une diminution du taux de cortisol après une promenade dans un parc ou en forêt.
Un cerveau moins sollicité
Notre cerveau est continuellement stimulé par les informations provenant de notre environnement : circulation, écrans, bruit ou notifications sollicitent en permanence notre attention.
Les environnements naturels mobilisent notre attention de manière différente. La nature sollicite une attention plus spontanée et moins exigeante, permettant ainsi au cerveau de récupérer après un effort cognitif prolongé.
Cette récupération peut se traduire par une amélioration de la concentration, de la mémoire de travail et des capacités de résolution de problèmes.
Des effets sur les émotions
Les neurosciences montrent également que la nature influence les régions cérébrales impliquées dans la régulation des émotions.
Certaines études d'imagerie cérébrale ont observé une diminution de l'activité du cortex préfrontal subgénual, une région associée à la rumination et aux pensées négatives, après une marche en milieu naturel.
Ces résultats pourraient expliquer pourquoi les personnes ayant un accès régulier à des espaces verts rapportent souvent un niveau de stress plus faible et un meilleur bien-être psychologique.
Un intérêt pour la santé mentale au travail
Dans le monde professionnel, les environnements de travail sont souvent associés à une forte sollicitation cognitive.
Intégrer davantage de nature dans le quotidien (espaces verts, pauses en extérieur, végétalisation des bureaux) peut favoriser la récupération mentale et contribuer à réduire le stress.
Certaines entreprises encouragent également leurs collaborateurs à profiter de pauses en plein air afin de favoriser leur concentration et leur bien-être.
Une approche complémentaire de la prévention
Passer du temps dans la nature ne constitue pas un traitement des troubles psychologiques et ne remplace pas un accompagnement médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire.
En revanche, les données scientifiques suggèrent qu'il s'agit d'une habitude de vie favorable au bien-être psychologique, au même titre que l'activité physique, le sommeil ou les relations sociales.
Quelques minutes passées chaque jour dans un environnement naturel peuvent déjà contribuer à réduire le stress et favoriser une meilleure récupération mentale.
Sources
Bratman, G. N., Daily, G. C., Levy, B. J., & Gross, J. J. (2015). The benefits of nature experience: Improved affect and cognition. Landscape and Urban Planning, 138, 41–50.
Bratman, G. N., Hamilton, J. P., Hahn, K. S., Daily, G. C., & Gross, J. J. (2015). Nature experience reduces rumination and subgenual prefrontal cortex activation. Proceedings of the National Academy of Sciences, 112(28), 8567–8572.
Kaplan, S. (1995). The restorative benefits of nature: Toward an integrative framework. Journal of Environmental Psychology, 15(3), 169–182.
Twohig-Bennett, C., & Jones, A. (2018). The health benefits of the great outdoors: A systematic review and meta-analysis of greenspace exposure and health outcomes. Environmental Research, 166, 628–637.
Ulrich, R. S. (1984). View through a window may influence recovery from surgery. Science, 224(4647), 420–421.
Dernière mise à jour
06 juillet 2026

