Les trous de mémoire : comprendre les mécanismes du cerveau
Chercher ses clés alors qu'elles sont sous nos yeux ou ne plus retrouver un mot pourtant familier : ces « trous de mémoire » font partie du quotidien. Bien qu'ils puissent être frustrants, ils sont le plus souvent normaux et ne traduisent pas un problème de mémoire.
Santé mentale
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Mémoire
5 minutes
23 juillet 2026
Oublier le prénom d'une personne que l'on connaît, chercher ses clés alors qu'elles sont sous nos yeux ou ne plus retrouver un mot pourtant familier : ces « trous de mémoire » font partie du quotidien. Bien qu'ils puissent être frustrants, ils sont le plus souvent normaux et ne traduisent pas un problème de mémoire.
La mémoire ne fonctionne pas comme un disque dur
Contrairement à une idée reçue, le cerveau ne stocke pas les souvenirs comme un ordinateur enregistre des fichiers.
La mémoire repose sur un vaste réseau de neurones qui se renforcent au fil des apprentissages et des expériences. Chaque souvenir est associé à de multiples connexions cérébrales, qui doivent être réactivées au moment où nous souhaitons retrouver une information.
Un trou de mémoire correspond donc le plus souvent à une difficulté temporaire à accéder à ces connexions, et non à leur disparition.
Le rôle de l'hippocampe et du cortex préfrontal
Deux régions cérébrales jouent un rôle essentiel dans ce processus.
L'hippocampe participe à la formation et à la consolidation des nouveaux souvenirs, tandis que le cortex préfrontal intervient dans leur recherche et leur récupération.
Lorsque ces réseaux sont momentanément moins efficaces, l'information peut sembler inaccessible… avant de réapparaître quelques minutes ou quelques heures plus tard.
C'est ce qui explique cette impression bien connue d'avoir « le mot sur le bout de la langue ».
Le stress et la fatigue perturbent la mémoire
Le stress, le manque de sommeil ou la fatigue mentale figurent parmi les causes les plus fréquentes des trous de mémoire.
En période de stress, l'organisme produit davantage de cortisol. À court terme, cette hormone aide à faire face à une situation difficile. En revanche, lorsqu'elle reste élevée de manière prolongée, elle peut perturber le fonctionnement de l'hippocampe et diminuer les capacités d'attention et de mémorisation.
La fatigue agit de manière similaire : un cerveau épuisé traite moins efficacement les informations et récupère plus difficilement les souvenirs déjà enregistrés.
L'attention est indispensable pour bien mémoriser
Il est difficile de retrouver une information… lorsqu'elle n'a jamais été correctement enregistrée.
Lorsque nous sommes distraits, interrompus ou en situation de multitâche, le cerveau consacre moins de ressources à l'encodage des informations.
Résultat, il devient plus difficile de retrouver ensuite un prénom, une consigne ou l'endroit où nous avons posé un objet.
Dans de nombreux cas, le problème ne vient donc pas de la mémoire, mais de l'attention portée au moment où l'information a été apprise.
Comment préserver sa mémoire au quotidien ?
Certaines habitudes permettent de favoriser le bon fonctionnement de la mémoire.
Dormir suffisamment, pratiquer une activité physique régulière, limiter le multitâche, gérer son stress et stimuler régulièrement ses capacités cognitives contribuent à maintenir de bonnes performances mnésiques.
Prendre le temps de se concentrer pleinement sur une tâche ou une conversation favorise également un meilleur encodage des informations.
Des oublis généralement normaux
Les trous de mémoire occasionnels font partie du fonctionnement normal du cerveau.
Ils deviennent plus fréquents en période de stress, de fatigue ou de surcharge cognitive, mais ne sont généralement pas le signe d'une maladie.
En revanche, lorsque les oublis deviennent inhabituels, s'aggravent rapidement ou perturbent fortement le quotidien, il est recommandé de consulter un professionnel de santé afin d'en rechercher la cause.
Sources
Baddeley, A. D., Eysenck, M. W., & Anderson, M. C. (2020). Memory (3rd ed.). Routledge.
McGaugh, J. L. (2000). Memory—a century of consolidation. Science, 287(5451), 248–251.
Squire, L. R., & Wixted, J. T. (2011). The cognitive neuroscience of human memory since H.M. Annual Review of Neuroscience, 34, 259–288.
Uncapher, M. R., & Wagner, A. D. (2009). Posterior parietal cortex and episodic encoding: Insights from fMRI subsequent memory effects and dual-attention theory. Neurobiology of Learning and Memory, 91(2), 139–154.
Vogel, E. K., Woodman, G. F., & Luck, S. J. (2001). Storage of features, conjunctions, and objects in visual working memory. Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, 27(1), 92–114.
Dernière mise à jour
23 juillet 2026
