Qu’est-ce que la procrastination du coucher ?
Il existe des personnes pour qui la soirée n’est pas synonyme de détente après une journée de travail, mais plutôt de “revanche” sur le temps qui vient de passer. Elles ont l’impression de devoir rattraper du temps et de reprendre le contrôle sur une journée perçue comme trop remplie.
Santé mentale
Sommeil
Fatigue
3 minutes
14 avril 2026

Il existe des personnes pour qui la soirée n’est pas synonyme de détente après une journée de travail, mais plutôt de “revanche” sur le temps qui vient de passer. Elles ont l’impression de devoir rattraper du temps et de reprendre le contrôle sur une journée perçue comme trop remplie.
Elles peuvent ressentir le besoin de vivre une “deuxième journée” le soir, en repoussant le moment d’aller dormir, parfois au détriment du sommeil.
En psychologie, on parle de bedtime procrastination pour désigner le fait de retarder volontairement l’heure du coucher alors qu’aucune contrainte extérieure ne l’empêche réellement. Ce phénomène se distingue de l’insomnie ou des contraintes externes (travail, enfants, etc.).
Une manière de "reprendre du temps"
Les recherches en psychologie montrent que la procrastination du coucher est liée à des difficultés d’autorégulation, c’est-à-dire la capacité à aligner ses comportements avec ses intentions. C'est-à-dire que même en sachant que dormir est important, il peut être difficile de résister à des activités plus immédiates et gratifiantes, comme regarder une série ou utiliser son téléphone.
Après une journée perçue comme contraignante, la soirée devient parfois un espace pour retrouver du temps pour soi. Repousser le coucher peut alors être une manière de prolonger ce moment. Ce mécanisme est compréhensible, mais il peut entraîner un cercle où la fatigue rend encore plus difficile le fait de se coucher tôt.
Un impact sur le sommeil et le bien-être
La procrastination du coucher peut réduire le temps de sommeil et entraîner de la fatigue, des difficultés de concentration et une baisse de l’énergie au quotidien.
À long terme, cela peut affecter l’humeur et augmenter le stress.
Comment ajuster ses habitudes ?
Il ne s’agit pas simplement de se forcer à dormir, mais de comprendre ce besoin de temps pour soi. Intégrer des moments de pause dans la journée peut aider à limiter ce phénomène. Mettre en place une routine du soir et réduire les stimulations (notamment les écrans) peut également faciliter l’endormissement.
La procrastination du coucher n’est pas un manque de volonté. Elle reflète souvent un déséquilibre entre les contraintes de la journée et le besoin de récupération.
Mieux comprendre ce mécanisme permet de retrouver progressivement un équilibre entre temps pour soi et sommeil.
Sources
Kroese, F. M., De Ridder, D. T. D., Evers, C., & Adriaanse, M. A. (2014). Bedtime procrastination: Introducing a new area of procrastination. Frontiers in Psychology, 5, 611.
Exelmans, L., & Van den Bulck, J. (2016). Bedtime procrastination and sleep outcomes: The role of self-regulation. Sleep Medicine Reviews, 29, 1–9.
Steel, P. (2007). The nature of procrastination: A meta-analytic and theoretical review. Psychological Bulletin, 133(1), 65–94.
Hofmann, W., Baumeister, R. F., Förster, G., & Vohs, K. D. (2012). Everyday temptations: An experience sampling study of desire, conflict, and self-control. Journal of Personality and Social Psychology, 102(6), 1318–1335.
Dernière mise à jour
14 avril 2026

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