Le bore-out et le brown-out : des formes moins visibles de mal-être
Le bore-out et le brown-out font partie de ces formes de mal-être moins visibles, mais pourtant bien réelles, qui peuvent affecter la santé mentale et l’engagement au travail.
Santé mentale
Psychologie
Travail
4 minutes
27 avril 2026

Le mal-être au travail n’est pas toujours lié à une surcharge ou à un stress intense. Il peut aussi apparaître dans des situations plus discrètes, parfois moins identifiées.
Le bore-out et le brown-out font partie de ces formes de mal-être moins visibles, mais pourtant bien réelles, qui peuvent affecter la santé mentale et l’engagement au travail.
Le bore-out : quand l’ennui devient un problème
Le bore-out correspond à une situation d’ennui chronique au travail. Il peut survenir lorsque les tâches sont peu stimulantes, répétitives ou insuffisantes.
La personne peut alors ressentir une perte de motivation, une impression d’inutilité ou un manque de sens dans ses activités.
Contrairement aux idées reçues, le manque de travail ou de stimulation peut être aussi difficile à vivre qu’une surcharge, car il peut affecter l’estime de soi et le sentiment d’utilité.
Le brown-out : une perte de sens progressive
Le brown-out renvoie davantage à une perte de sens dans le travail. Les missions peuvent être perçues comme inutiles, déconnectées des valeurs de la personne ou difficilement compréhensibles.
Même si la charge de travail est présente, elle peut sembler vide de sens, ce qui entraîne une forme de désengagement progressif.
Ce décalage entre les valeurs personnelles et les tâches demandées peut générer de la frustration, du découragement et une baisse de l’implication.
Des impacts sur la santé mentale et le fonctionnement au travail
Le bore-out et le brown-out peuvent avoir des conséquences importantes sur le bien-être. Ils peuvent entraîner de la fatigue mentale, une perte de motivation, une baisse de l’estime de soi et parfois un sentiment de stagnation.
Sur le plan professionnel, cela peut se traduire par une diminution de l’engagement, une baisse de la performance ou un retrait progressif des activités et des interactions.
Ces formes de mal-être peuvent être d’autant plus difficiles à repérer qu’elles sont souvent moins visibles que le stress ou le burn-out.
Un enjeu de prévention en entreprise
Reconnaître le bore-out et le brown-out permet de mieux prendre en compte ces formes de mal-être.
La prévention passe notamment par une meilleure adéquation entre les missions et les compétences, une clarification des rôles et un travail sur le sens donné aux activités professionnelles.
Favoriser l’autonomie, la reconnaissance et l’engagement peut également contribuer à limiter ces situations.
Mieux comprendre pour mieux agir
Le mal-être au travail ne se manifeste pas uniquement par le stress ou la surcharge. Il peut aussi prendre des formes plus silencieuses, comme l’ennui ou la perte de sens.
Mieux comprendre le bore-out et le brown-out permet de repérer ces situations, d’agir plus tôt et de favoriser un environnement de travail plus équilibré et plus engageant.
Sources
Graeber, D. (2018). Bullshit Jobs: A Theory. Simon & Schuster.
Maslach, C., & Leiter, M. P. (2016). Burnout at work: A psychological perspective. Routledge.
Morin, E. M. (2008). Sens du travail, santé mentale et engagement organisationnel. Revue multidisciplinaire sur l’emploi, le syndicalisme et le travail, 3(1), 30–45.
Rothlin, P., & Werder, P. R. (2009). Diagnose Boreout. Redline Wirtschaft.
Dernière mise à jour
29 avril 2026

